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Homélie du 27 février 2021 – II Carême

Vers Pâques à travers la croix

Dans les lectures d’aujourd’hui deux scènes marquent fortement notre imaginaire.  Si la première scène est choquante, la seconde est exaltante. En fait, les deux s’entrechoquent dans nos têtes. Elles sont inséparables l’une de l’autre.

Abraham  a passé le test de la foi pour savoir s’il pouvait imaginer Dieu capable de ressusciter des morts. Ce qui est surprenant, c’est que Dieu qui sait tout, qui connaît la foi d’Abraham, avait besoin de le soumettre à un tel test. 

C’est comme dans un lien d’amour, il y a une différence entre la déclaration intime et les preuves qui le prouvent. Si tu m’aimes fais quelque chose qui te coûte toi-même et pas tant tes biens. Il ne s’agit pas de dépenser mais de se dépenser.

Le catéchisme de l’Eglise catholique permet de comprendre le sens de ce test. Abraham, père de croyants est devenu comme le père qui est prêt à offrir son propre fils à nous tous (CEC 2572) La première lecture contient une prophétie qui se réalisera en J-X. Le sacrifice sur le Golgotha est la plus grande manifestation de l’amour de Dieu pour chacun d’entre nous. L’agneau de Dieu est déjà ce bélier qui remplace Isaac. 

Il est bon d’être ici, dit Pierre, la joie est grande, arrêter le moment, pourvu que cela dure. Non, il va falloir s’arracher à une vision qui n’était que passagère, mais  ô combien indispensable.

Après la transfiguration les disciples se demandaient ce que voulait dire ressusciter d’entre les morts. Mais  plus tard,  ils furent capables d’endurer tant d’épreuves. Et ceci grâce au souvenir de la lumière de la Pâque. La Pâque était déjà préfigurée dans la transfiguration. C’est l’expérience de la Pâque, qui les soutiendra dans les moments difficiles. 

Aujourd’hui avec eux nous sommes amenés sur la montagne de la transfiguration. C’est un rappel d’une réalité à laquelle nous accédons par de petites touches. Nous aussi, nous avons à descendre pour affronter le scandale de la croix. Car il n’y a pas de Pâques sans ce passage là.

Tant de situations nous éprouvent et en cette période de pandémie la barque de nos vies est particulièrement chargée. L’éloignement et les séparations, l’incertitude au sujet de l’avenir, l’épreuve de santé. Une lassitude qui gagne du terrain. Pour y faire face nous avons un moyen extraordinaire que nous pouvons appliquer dans notre vie ordinaire. 

Ne perdons jamais de vue ce qu’il y a devant tout cela, cette lumière qui vient du tombeau au matin de la Pâques. Avec le psalmiste nous pouvons exprimer notre désir profond: Je voudrais marcher sur la terre de vivants. 

Cette terre des vivants elle est déjà là. Elle est présente chaque fois que nous mourrons pour tout ce qui nous tient en esclavage pour les petites choses ou les grandes, voire très importantes. Cette terre des vivants est surtout présente au ciel.

Amen.