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Homélie du 31 Octobre 2O21 – 31 DO

Aimer versus holocaustes et sacrifices

La question que le scribe pose à Jésus est une bonne question, elle concerne toutes les générations. De tout temps, l’homme cherche à organiser sa vie autour des deux, trois principes très simples pour diriger sa vie. Comment répondons-nous nous-mêmes? DEUX TROIS VALEURS PRINCIPALES dans notre vie, c’est quoi?

Voyons maintenant dans l’évangile. Le scribe est un spécialiste de la Torah, il la connaît par cœur, la travaille, médite dessus. Il a même essayé de conformer sa vie en la réglant sur les préceptes qui en découlent. Des commandements, il y en a 613 d’après la liste établie au troisième siècle après Jésus Christ.

Tous n’ont pas la même valeur, alors comment faire? Déjà le Decalogue reçu par Moïse en est un résumé. Au VIII siècle avant Jésus dans le livre de Prophète Michée on a ce résumé : respecter le droit, aimer la vérité (donc la fidélité et marcher avec Dieu (Mi 6,8)

La réponse de Jésus est faite par la mise ensemble de deux commandements qu’il considère comme les plus importants; celui d’aimer Dieu (Dt 6,4-5) et celui de l’amour du prochain (ne te venges pas, c’est ainsi que tu exprimera l’amour de ton prochain (Lévitique 19,18).

La réponse de scribe ne satisfait pas totalement Jesus. Tu n’es pas loin du royaume veut dire tu n’y es pas encore. Qu’est ce qui ne va pas dans la réponse du scribe?

Tout d’abord le propre commentaire du scribe est douteux. Il vaut mieux aimer son prochain que tous les sacrifices au temple. Certes, de façon presque prophétique il déclare que celui de Jésus sera unique et les autres ainsi dépassés. Mais de façon générale, c’est humain que de vouloir se contenter de l’un en se séparant de l’autre. Nous faisons aussi ainsi. Cela ne vient pas de la foi, cela vient de notre manière de la gérer.

Il vaut mieux aimer son prochain que faire des gestes sans importance, sans signification pour nous, gestes qui n’ont aucun sens. De toute les façons, la messe par exemple, on y comprend rien, et après tout c’est sans importance, il faut s’en débarrasser au plus vite. D’où la mise de côté de la messe et de la prière régulières.

La graduation est souvent invisible, comme une échelle sur laquelle on monte, ou plutôt descend pour se séparer du sacrifice. L’évacuation du sacrifice est effective et durable.

Puis dans la réponse du scribe, le prochain reste son coreligionnaire, alors que Jésus l`élargit à tout et à chacun. Prochain c’est un semblable selon Dieu, pas par la pensée humaine.

Et puis le scribe oublie aussi de parler d’aimer de tout son esprit qu’il remplace par intelligence. Il n’est donc pas prêt à s’engager à fond avec toutes les conséquences qui en découlent, à savoir avoir part à la vie dans le Royaume.

Pour entrer dans le Royaume de Dieu, il faut deux choses, la conversion et la foi. Cela suppose de reconnaître Jésus comme le Seigneur, ce que le scribe ne fait pas.

Dans la foi chrétienne nous reconnaissons que notre Dieu est un père créateur, et que Jésus Christ est notre Seigneur, par qui tout nous vient (avec la grâce du salut obtenue dans son Esprit) et par qui nous vivons notre foi.

Le scribe avait encore à reconnaître la seigneurie de Jésus et l’amour du prochain sans limite. Qu’est ce qui me manque pour entrer dans le royaume de Dieu? Aussi le connaître et l’aimer de tout mon cœur. L’amour du prochain viendra spontanément comme conséquence.

Où j’en suis aujourd’hui? Qu’est ce que je désire pour ma vie sur terre et après?
Est-ce important de désirer le Royaume de Dieu pour ma propre vie?
Est-ce satisfaisant d’être pas loin?