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7e dimanche de Pâques – La reprise c’est pour quand ?

Edito du Pere Remy. 23 mai 2020

Cela nous tarde de pouvoir reprendre la vie dite normale en nous libérant de contraintes imposées par la protéine. Et pensent certains, peu importe si c’est pour vivre comme avant ou autrement. Pourvu que l’on puisse retrouver l’espace de liberté à laquelle on aspire tant. 

L’assouplissement progressif donne de l’espoir pour une reprise en main d’une telle vie normale. Mais le danger guette, celui de la reprise (aussi) de la propagation du virus protéino forme. Et non seulement de cela. 

Tant que tout n’est pas nettoyé, tout n’est pas résolu et on ne peut pas dormir tranquille sur ses deux oreilles. Par analogie la vie spirituelle obéit à des règles très similaires, tant que tout n’est pas nettoyé on est en état de vigilance. 

Mais quand est-ce que cela sera totalement nettoyé ? Si sur le plan sociopolitique le messianisme guette pour trouver une solution miracle, sur le plan spirituel un puritanisme janséniste guette aussi. 

Ce n’est pas de ce nettoyage qu’il est question où il faut tuer la dernière protéine nuisible à la bonne santé spirituelle, nuisible à la sainteté divine en nous. Il s’agit d’un autre nettoyage, celui qui s’effectue au travers une humble et patiente acceptation de la grâce de sanctification qui nous travaille et peu à peu nous rend saint comme Dieu seul est saint. 

Notre désir d’être pur de toute trace du péché n’est pas synonyme d’être exempt de tout danger dans le domaine spirituel. Notre condition humaine est marquée par le péché et ses deux conséquences immédiates pour notre vie que sont la souffrance et la mort. Et nous avons à accepter de vivre avec, comme sur le plan biologique nous sommes environnés de tant d’influences nuisibles pour notre corps. Les anticorps en sont la preuve, mais aussi et surtout la réponse. 

Au cours de ma vie de prêtre, j’ai eu la chance de rencontrer des gens exceptionnels à mes yeux, et ceci de différentes façons et dans leurs conditions de vie diverses et variées. Une de ces personnes étaient Hubert, chimiste, chercheur, un rat de laboratoire pour dépister l’origine d’un problème et proposer des solutions pour y remédier. 

Une fois il était appelé pour résoudre le problème suivant: une compagnie productrice des boissons non alcoolisées était confrontés au problème du goût altéré dans un de ses produits. S’en est suivi l’arrêt de la production en parallèle avec le fait de devoir retirer tout le stock déjà mis en circulation commerciale ou encore dans les dépôts après leur production. 

En détective chevronné il s’est mis au travail et remis le rapport dont les conclusions étaient pour le moins surprenantes. Il a identifié la molécule qui était à l’origine de l’altération du goût, plutôt désagréable. Elle provenait du feutre avec lequel le technicien après avoir nettoyé la cuve comme il le fallait en suivant le protocole a écrit à l’intérieur de la cuve la date et signé. Pourquoi il l’a fait à l’intérieur, on l’ignore, mais c’est ainsi que la réaction chimique en chaîne fut provoquée causant des pertes considérables pour la compagnie, pertes financières mais aussi en terme d’image de marque. 

Spirituellement nous nous laissons nettoyer constamment par la sainteté de Dieu suivant sa loi et en demandant le pardon. Mais le fond de notre âme est toujours marquée par le ‘feutre’ du péché qui continue à nous menacer d’infection. D’où pour le chrétien cet état permanent de vigilance entremêlée d’un état de gratitude de pouvoir trouver une solution par le pardon dans l’espérance de pouvoir avancer toujours. Car c’est dans la miséricorde de Dieu que se solutionnent nos difficultés existentielles et spirituelles. Ceux qui en bénéficient connaissent la puissance de la paix et du sentiment de se sentir aimé. 

La reprise c’est pour quand? Dès que le plus gros du danger va passer. Mais désormais nous serons obligés d’être vraiment vigilants à notre environnement à cause de la protéine qui cause tant de malheurs et qui en même temps révèle tant de belles choses dans le vivre ensemble et l’attention mutuelle. 

Il va falloir nous habituer à être bien plus attentifs à notre environnement. L’écologie, comme domaine dont il ne faut pas négliger les conséquences, la protéine nous le rappelle, notre responsabilité l’assume. 

Le chrétien y participe en y mettant de l’amour de Dieu et de sa miséricorde qui nous sanctifient comme Dieu seul sait le faire. C’est pour nous faire partager son bonheur qui s’entremêle avec notre joie bien humaine. Ainsi, malgré tous les obstacles qui se dressent sur le chemin, notre vie se laisse anoblir par la joie de Dieu de nous voir heureux. 

La reprise c’est pour bientôt, mais assurément autrement.

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