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Homélie du 2 septembre 2017 – 22ème dimanche ordinaire

Témoigner de la Foi.

Jésus nous demande de porter notre croix. C’est dire vivre de notre foi et en témoigner. Comment faire ?

L’an dernier j’ai été très frappé par le contraste entre la manière dont les enfants ont témoigné de leur foi. Les uns se trouvaient en Chine et les autres en Inde. Tous étant français ou au moins francophones. Tous venaient d’un même contexte socio-culturel et religieux. C’était dans le cadre du caté. En Chine, témoigner de sa foi à l’âge de 10-12 ans semblait ridicule, voire saugrenu. Alors qu’en Inde les enfants semblaient plus naturellement portés à parler de leur foi. D’où pouvait venir la différence de comportement ? Je me suis posé la question de savoir si cette différence ne venait pas, tout compte fait, essentiellement de l’environnement. Dans un pays la spiritualité étant omni présente, et l’autre ne la respire pas vraiment.

Porter une telle croix n’est jamais aisé.

Hong Kong, fait partie du monde dit moderne. Moderne, veut dire libéré de l’emprise de la religion et de ses dogmes. Qui n’en rêve pas au fond de lui-même, tout au moins par moment, même parmi les plus catholiques par tradition ? Tellement fort est en nous le désir de vouloir nous réaliser par nous-mêmes, par nos propres moyens.

Mais aujourd’hui, dans ce monde moderne ce n’est plus seulement le refus de la religion et de ses dogmes qui marque. C’est l’idée même de Dieu qui semble complètement déplacée. C’est ce que démontre dans son livre Michel Kubler, rédacteur du journal la Croix, qui vient de passer plusieurs années comme aumônier de la communauté catholique francophone de Bucarest et qui a eu le temps de l’écrire durant son séjour là-bas.

Nous sommes dans un monde qui n’a pas besoin de Dieu. On peut vivre bien, voire très bien sans lui. Mais ce monde supporte de moins en moins l’idée que l’on puisse croire en Dieu. Dans ce contexte, comment témoigner de la foi ? Le prophète Jérémie nous parle de sa difficulté à lui. A l’époque, témoigner du vrai Dieu voulait dire chasser les divinités et il y en avait partout. Maintenant, dans le monde moderne, il y en a aussi, mais surtout sans aucune référence à une spiritualité, à l’idée du divin.

Tout est mécanique et chimique, rien n’est spirituel.

Il y a quelques jours, j’ai rencontré un jeune missionnaire en Inde. Il m’a raconté l’histoire qui lui était arrivé dans un taxi. Il voyait un Ganesh accroché au rétroviseur de la voiture. La discussion avec le chauffeur s’engage. Puis le jeune missionnaire, tout feu-tout flamme, demande au chauffeur l’autorisation d’enlever le Ganesh et mettre une croix à la place. Le chauffeur accepte. Mais, une fois arrivé, le chauffeur n’est pas contant. Il le fait savoir à son entourage que le jeune missionnaire connaissait. Puis le temps passe, la situation s’apaise et la croix est toujours à la même place, dans l’habitacle de la voiture. Et le chauffeur continue à côtoyer des chrétiens.

En l’écoutant je me disais, je ne pourrais pas faire pareil.

L’audace missionnaire est pourtant nécessaire.

Mais je suis certainement capable d’autres audaces missionnaires qui me sont propres.

Chacun de nous, nous avons à avoir de l’audace missionnaire, au sens de témoigner de notre foi. Certes, chacun à sa manière. Mais toujours avec audace. Ce grain de folie qui fait que quelque chose de divin passe au travers d’un tel comportement.

La croix dont parle Jésus dans l’Evangile, c’est la nôtre pour le suivre.

Elle nous fait désirer les choses divines. Mais ce désir met à l’épreuve notre capacité à résister aux forces de la nature qui voudront nous enfermer uniquement dans les choses de la terre. Et c’est mécanique, c’est chimique. C’est justement sur la croisée de ces deux lignes qu’elles forment, que nous sommes crucifiés.

Nous sommes partagés entre deux forces d’attraction.

Une qui nous vient de la nature, de notre vie sur terre. L’autre qui nous vient de notre foi en Dieu. Une horizontale, l’autre verticale.

Demandons à Dieu le don de la foi et de la confiance pour pouvoir porter cette croix de façon bien visible aux yeux des autres. Le monde a besoin de vrais témoins de la foi chrétienne.

Le monde a besoin des témoins qui racontent et démontrent comment Dieu est capable d’agit en eux. Comment Dieu leur permet de lutter efficacement contre les forces qui s’opposent à la marche vers lui et avec lui.

Des témoins qui, tout en ayant peur de cette croix, sont suffisamment audacieux pour l’accepter.

Crucifiés entre les exigences du monde et aspirations spirituelles, divines.

Qui, ces dernières, de toutes les façons, auront finalement le dernier mot. AMEN

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