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Homélie du 25 Juin 2017 – 12ème dimanche ordinaire – Ne craignez pas la vérité !

Les lectures d’aujourd’hui se veulent des plus rassurantes: « ne craignez pas » rassure Jésus. Car il y a de quoi être inquiet. Pour certains, au sujet du travail, du déménagement. Pour  d’autres au sujet de la vie affective ou encore ce qui se passe dans le monde avec une nouvelle forme de guerre.  Pour nous ici, l’avenir de la communauté est aussi en jeu. Paul explique que tout cela est lié aux effets  du péché d’Adam qui sont tjrs là. Le malin a semé le doute dans le cour de l’homme au sujet de son amitié avec Dieu et cela a provoqué le désordre. 

Ceci nous conduit à la première lecture. Le prophète Jérémie a  de quoi avoir peur. On lui en veut à mort, car il dit la vérité.  La menace de la destruction du pays est imminente. Or, corruption et amour de l’argent ont regagné les coeurs et les vies de ses coreligionnaires. Et personne ne voit le lien, seulement le prophète. On lui répondra sans doute que, conversion ou pas, les jeux politiques sont plus forts que tout.

Alors que le prophète est persuadé qu’il y a une justice immuable, divine. Un Dieu qui voit le cœur et les reins et qui sauve par sa justice. Mais qui veut entendre des choses désagréables? Et comment une telle parole pourrait agir dans le sens positif. La vérité doit être dite de façon douce et agréable pour éventuellement être entendue.

C’est sûrement le plus efficace. On le sait dans la relation de couple avec les enfants et partout ailleurs même dans une communauté chrétienne comme la nôtre. Je suis admiratif devant tant d’efforts de conjoints et de parents, éducateurs etc. pour parler en toute vérité et avec une telle douceur. Tout en traitant des sujets difficiles et pourtant peu agréables à entendre.

Mais le prophète Jérémie vraisemblablement n’était pas le champion d’une telle  douceur. Aurait-il mieux réussi en étant uniquement très agréable avec les autres. Aurait-il été  mieux écouté? Probablement pas.

Car, la vérité est toujours dérangeante.  Et il n’y a pas pire  sourd que celui qui ne veut pas entendre. Mon père avait une bonne capacité dans ce domaine : je n’entends pas ce que tu dis,  en montant la voix, disait-il à ma mère. J’espère que je me suis suffisamment éloigné d’une telle influence. 

La foi chrétienne s’est imposée dans l’histoire de l’humanité avec sa particularité. Croire en la victoire de la vie de d’amour divin. Croire en sa victoire sur la mort et la haine. Une telle annonce  a beaucoup dérangé les systèmes politiques dans l’empire romain et au-delà, partout ailleurs. La bombe à retardement sur l’amour et le pardon formulés aussi par St Paul produit toujours son effet. Le film « Le silence » traite in fine surtout de cela. “Votre religion, je la trouve même sympathique, mais elle est dangereuse pour nous” parole d’inquisiteur.

  
Quand nous venons à la messe que cherchons-nous? La question posée samedi dernier mérite que l’on s’y attarde. Nous venons pour retrouver Dieu en nous et nous retrouver en nous-même.  Le reste ces sont des raisons auxiliaires, passagères, intermittentes, circonstancielles, aléatoires et parfois contradictoires bien que  souvent  contradictoires seulement en apparence.

Nous venons pour nous ressourcer. Souvent, nous venons pour nous ressourcer dans nos valeurs. Celles d’une humanité à laquelle nous appartenons et avec laquelle nous nous identifions. Pour certains c’est déjà beaucoup. Mais à lui seul,  tel n’est pas l’objectif de la messe.

Nous venons à la messe pour faire grandir notre foi. Comment ? Au moyen de la réactivation de la vertu de l’espérance chrétienne en vue de toujours une meilleure charité.  Et c’est  dans la troisième vertu théologale, la charité, que nous retrouvons les valeurs humaines, mais divinement fondées. Est-ce que nous voulons renforcer les fondations divines en nous? Est-ce inutile voire dérangeant de s’en aventurer là-dedans ?

En toute vérité, chacun peut répondre dans l’intimité de son coeur. Mon rôle en tant que pasteur et prophète est de vous en parler  et vous y encourager. Car, il est grand le mystère de la foi. Et ce mystère, par amour de Dieu et de chacun  de nous, se laisse aborder en toute vérité.  Amen.

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