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Homélie du 24 décembre 2017 – 4eme dimanche de l’Avent

Comment construire une demeure pour Dieu ? Gestation pour autrui !

Dans notre vie nous cherchons à comprendre. Comprendre notre vie, comprendre ce qui l’anime et pourquoi ceci et pourquoi cela. Tout y passe. Et même Dieu finit par y avoir sa place. Tout au moins dans notre réflexion. Non pas tant comme une solution miracle, mais comme éventualité. Et si Dieu existait ? Et s’il était proche de nous ? Et si on devait s’en occuper pour lui faire une place à part dans notre vie ? Lui construire une maison comme le roi David le voulait. Un roi pris de remords d’habiter dans un palais, alors que… Quelle est la place de Dieu dans nos vies ? Quelle place nous lui réservons-nous ? Dans quelle proximité et à quelle distance le tenons nous ? Et si oui pourquoi ? Dans l’Annonciation nous avons tous les éléments pour apprécier en Marie son accueil de l’inouï. Son accueil de la présence de Dieu dans sa vie et bien au-delà.

En accueillant son désir.

Tout d’abord, la présence de Dieu relève d’une initiative divine. Dieu a envoyé l’ange Gabriel à Marie. Quel type d’ange Dieu nous envoi-t-il à nous ? Car ne pensez pas que ce qui est arrivé à Marie ne peut pas nous arriver. Certes pas comme elle. Mais quelque part nous avons à nous y situer à sa manière. Car nous sommes tous des Christophores, porteurs du Christ. Et ceci dès notre baptême qui initie sa gestation en nous. Nous avons à l’accueillir comme un enfant vulnérable et à nous en occuper. De cette gestation spirituelle, les hommes ne sont pas exclus. S’ils ne sentent pas tout cela, qu’ils demandent aux femmes. L’ange vient nous voir tant et tant de fois et nous demande de la part de Dieu : Veux-tu suivre la voie et la voix de Dieu ?

Oui, non, peut-être, on verra plus tard… Déjà pour être capable de répondre plutôt oui, il faut être ouvert quelque part à cette dimension spirituelle. Le signe de cette ouverture n’est pas tant au niveau cérébral. Il est surtout au niveau du cœur. Est-ce que je le désire ? Et comment je l’exprime dans la prière ? La gestation se poursuit là.

Dans la tradition chrétienne, on nous montre Marie comme une adolescente pétrie de culture biblique. On nous la montre connaissant les psaumes qu’elle répète et dont elle fait le lieu de sa prière. Cela est visible à la Visitation où, avec sa cousine Elisabeth, elle prie avec des mots des psaumes, qu’elle utilise à sa manière. Elle en fait sa prière. Elle est dans une attitude de prière.

C’est dans cette attitude de prière que l’on est le mieux disposé pour accueil l’inouï de Dieu. Car c’est dans l’attitude de prière que nous pouvons accueillir cet inouï en tout confiance. Mais pour être dans cette attitude de prière il faut peut-être avoir déjà un peu expérimenté l’inouï de Dieu dans nos vies.

C’est ainsi que nous allons nous exercer tout à l’heure. Les deux étapes vers le baptême d’adulte vont être vécues aujourd’hui par une d’entre nous comme un inouï de Dieu. Mais notre rôle n’est pas moindre. Il est même essentiel. Ces étapes s’appellent Tradition du Credo et de la Prière dominicale. Tradition veut dire transmission. Nous allons donc transmettre la foi de l’Eglise à Sophy. Elle va nous entendre dire le Credo. La foi de toute Eglise. Elle écoutera sans rien dire. Son silence se fera tout accueil. Accueil de la foi de l’Eglise professée par nous-même. Ce serait pareil pour le Notre-Père.

Puis au moment de son baptême elle va restituer cette tradition de la foi en la faisant sienne. C’est elle-même qui va professer la foi de l’Eglise. Mais dès à présent, de la prochaine messe, elle pourra déjà prier en communauté avec les paroles de la prière dominicale qu’est le Notre Père. D’ici le baptême, elle aura le temps d’accueillir les paroles du Credo. Car pour l’inouï de Dieu dans nos vies, il faut du temps pour l’accepter. La question de Marie comme réaction à l’annonce par Gabriel signifie ce temps nécessaire. Mais pour Marie ce temps pouvait être très court. Le temps d’une mise au point des conditions inouïes, au sujet d’elle-même : Comment cela peut-il se faire, puisque… ? Amen

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