aucun commentaire pour l'instant

Homélie du 25 novembre 2017 – Fete du Christ Roi

Nous sommes faits pour être rois heureux.

En Chine traditionnelle, l’Empereur est maître de tout. Il est maître y compris des choses spirituelles.
Les premiers missionnaires occidentaux sont arrivés en Chine à la fin du XVIs.
Pour les Chinois de l’époque, l’Occident avait un régime de gouvernance considéré comme aberrant. Selon les Chinois, il y avait comme deux soleils : un représentant l’autorité politique (roi-soleil) l’autre l’autorité doctrinale (le pape-vicaire du Christ, lumière du monde) Ce qu’il faut croire et comment gouverner, ces deux choses-là étant pour la plupart du temps séparés.
Cela pose la question de la place de la religion dans la société et son utilité dans le maintien de l’ordre social.
Qu’est-ce qui se passe quand la religion n’est pas soumise à l’autorité politique.
Rapidement elle peut devenir subversive.
De fait, le christianisme à quelque chose de cela.
Il soutient l’idée de l’égalité de tous, y compris celle du roi. Il soutient l’idée de la suprématie du jugement divin sur le jugement humain.
Ainsi le christianisme interroge sur l’autorité et donc sur l’obéissance. Mais, sa subversion s’arrête là.
Le christianisme le fait au nom de la révélation surnaturelle, telle quelle. St Jean dans son évangile rapporte les paroles de Jésus qui disait : Tout ce que je vous vais connaître vient de mon Père, je ne dis rien de moi-même…
C’est donc au nom d’une révélation d’en haut que le chrétien adopte une telle habitude. Révélation qui est à être accueillir telle quelle. Et non pas en vue d’être absorbée comme un outil de gouvernance d’un peuple au nom de la raison d’Etat. D’où, dans le christianisme, la suprématie du spirituel sur le temporel. Avec toutefois un respect pour le temporel. Car, tout pouvoir sur terre est donné par Dieu. Pourvu que ce pouvoir soit utilisé conforment à la loi de l’amour du prochain. Et comme l’indique très clairement la parabole de l’évangile, peu importe in fine si on le fait au nom du Christ ou pas, pourvu que l’on le révèle.
Mais cela se heurte à la gestion politique. On l’a bien vu en Europe durant le moyen âge dans les querelles entre l’Empereur ou le roi d’un côté et le pape de l’autre.
(De ce point de vue-là,  la question de savoir si je suis pour la France ou pour Dieu en France n’est pas secondaire.)
De quel roi sommes-nous des sujets ?
Celui qui gouverne sur la terre pour nous garantir notre liberté et notre prospérité ? Ou celui qui gouverne depuis le ciel pour nous introduire dans la liberté d’enfants de Dieu. Pour nous garantir notre bonheur à partir du sien. Et lequel, ce Dieu nous demande de respecter et prier pour ceux qui nous gouvernent sur la terre.
Lequel de deux, voulons-nous suivre?
Les chrétiens construisent leur identité sur une faille que représente la distorsion entre l’ordre spirituel et l’ordre temporel.
Et cette distorsion est salvatrice. Elle permet de voir la vérité au-dedans.
(Ex. du garçon qui a compris que Jésus était encore plus fort que son papa)
Comment ?
La parabole de l’Evangile nous donne les clefs pour comprendre comment considérer un roi spirituel.
1° D’abord ce n’est pas une parabole sur le jugement dernier et les conséquences en termes de paradis ou d’enfer. C’est comme si d’un côté il y avait des bons et de l’autre des mauvais. Nous sommes tous un peu de deux.
-C’est une parabole sur les attitudes et non pas sur les catégories de personnes. « Non pas que tu es méchant(e), mais il y a de la méchanceté dans ton geste, dans tes paroles… »
De quel roi nous voulons être les sujets ? La réponse est dans la désignation des attitudes bonnes et par contraste, identification des attitudes mauvaises.
2° C’est une parabole sur le lien entre tout homme et Jésus.
« Tous ce que vous aurez fait à l’un de ces petits… c’est à moi que vous l’aurez fait ». Jésus s’identifie avec tout homme. C’est d’un tel roi qu’il est question.
-Le saint Jean-Paul II disait que le missionnaire n’a pas à apporter le Christ à ceux qui ne le connaissent pas, mais tout simplement il a à le leur révéler. Le missionnaire a à révéler ce Christ-là à eux. Mais il y a mille façons de le faire. Parfois de façon très identifiable ce qui conduit à la profession de foi. Mais pas toujours. En revanche cela doit faire révéler ce Christ-là un peu plus chez le missionnaire lui-même.
3° Cette parabole est sur la justice de Dieu. Dieu seul voit juste. Et cette parabole nous interpelle.
-Comment sommes-nous accordés à son projet de bonheur pour toute l’humanité ?
En d’autres termes, comment suivons-nous ce roi, qui se rend serviteur.
Ferrero, nettoyage de plage etc., toutes ces actions, comment révèlent-elles le visage du Christ chez les autres ? Christ-Roi c’’est celui qui s’occupe personnellement de chacun de nous. Comment donc ce Christ se révèle chaque fois lorsque nous sommes dans un tel travail missionnaire un peu plus chez nous? C’est aussi là que se trouve le sens de la fête du Christ-Roi. AMEN

Poster un commentaire