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Homélie du 05 janvier 2019 – Epiphanie

1° L’Epiphanie veut dire manifestation divine. Pendant les vacances de la semaine passée sur la Péninsule Arabique, un jour je me suis trouvé dans un musée. Tout à coup j’entends derrière moi : “bonjours père Rémy.” Une voix d’enfant m’interpelle, je me retourne, je vois une fille, puis à côté d’elle un garçon qui répète la salutation. Leur mère surgit aussitôt et le père complète le tableau de la famille. Nous sommes au musée du Louvre à Abu Dhabi. Venus de Hong, comme moi, Ils se sont manifestés à moi. Une manifestation qui me remplit de joie. Et visiblement ils étaient heureux de pouvoir le faire, l’effet de surprise étant garanti de deux côtés. Je savais qu’ils existaient, mais sans plus.

En effet l’épiphanie veut dire manifestation. Même attendue, elle est toujours surprenante. Les mages ont suivi l’étoile pour vivre la manifestation de quelque chose d’incroyable, manifestation de quelqu’un. Le ciel se penche sur la terre et lui communique un message. Message de bonheur et de paix, sans exclure personne, une salutation qui  promet une belle rencontre. La belle rencontre dans le musée était possible grâce à la poursuite d’une bonne étoile, celle qui nous à conduit dans ce lieu pour nous y révéler. L’enquête des enfants sur ma présence s’est soldée par une rencontre. Hérode par son enquête à lui est devenu (et c’est malgré lui), le  patron des renseignements. Nous avons à être comme Hérode qui veut tout savoir. Mais l’analogie avec le roi de la Judée s’arrête là.

Nous cherchons la bonne étoile pour savoir comment accomplir notre vie, comment la réaliser de manière plénière. Hérode cherchait à savoir si l’étoile guidant les mages était pour lui synonyme de concurrence à prendre au sérieux ou pas. Sa prospérité et donc son pouvoir  en effet à tout moment pouvaient être menacés.

2° Les mages sont des chercheurs de sens. L’étoile qui a conduit les mages à Bethléem et toutes les autres étoiles semblables nous permettent de découvrir en nous ce qui n’est pas de nous et qui précisément manquait pour nous combler. Croire en une telle présence divine en nous, ce n‘est aucunement une menace, c’est le début de l’accomplissement d’une promesse. Si cependant nous vérifions ce que l’étoile des mages signifie pour nous, c’est sûrement pour d’autres raisons qu’Hérode. C’est pour trouver le bonheur véritable et durable. Un bonheur qui n’est pas référencé sur la seule réussite économique et l’étendue de pouvoir que celui-ci peut procurer. 

Dans les civilisations d’autrefois et même dans le monde moderne (sauf la civilisation occidentale) on ne séparait pas la science de la foi. Les mages sont les patrons de l’harmonie intérieure qui s’obtient   par la pratique de deux voix de connaissances. Une voie est celle de l’observation de l’univers pour y trouver des lois de la nature. Une autre voie est celle de la croyance qui permet de prolonger la recherche des lois de la nature. Si la science répond à la question du comment, la foi tente à donner des réponses sur le pourquoi. Et ensemble nous avons des réponses sur le pourquoi du comment.

A l’époque des mages cette deuxième question, celle du pourquoi, était traitée uniquement par des religions. Aujourd’hui on a affaire à une sorte d’anti-religion qui donne des  réponses sur le pourquoi. A l’évidence, toutes les étoiles ne conduisent pas à Bethléem, c’est-à-dire au lieu de la révélation de la vie divine dans nos vies, dans toutes les vies.

Les mages ne sont ni athées ni même agnostiques, ils sont ouverts à la possibilité d’accueillir une vérité qui les comblera. Suivant l’étoile de Bethléem qui peut se laisser accompagner par d’autres étoiles semblables (y compris celle qui conduit au musée du Louvre), nous ne serons pas détournés de la mission de notre vie. Et la mission de notre vie c’est, de permettre à d’autres d’accueillir cette manifestation de Dieu. Dieu qui se penche sur notre terre pour la protéger et lui donner une direction pour que tout le monde puisse y vivre en paix et dans le respect mutuel. Notre évêque Michael Yeung+ parlait de 3L : the least, the last et the lost. C’est son héritage c’est son épiphanie, lui qui durant des années étaient directeur de la Caritas du diocèse. Avant de devenir évêque ordinaire du diocèse en août 2017. Une courte épiphanie, mais forte par son humilité, remarquable par son obéissance dans le service jusqu’au dernier souffle et puissante constance dans sa confiance en Dieu. Amen

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