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Homélie du 1 décembre 2019 – 1er dimanche de l’Avent

Avent : 

Bienvenue à tous les fiancés et aux invités de Nicole. Avec cette messe d’action de grâce pour 55 ans de vie de Nicole passées à HK, nous ouvrons une nouvelle année liturgique. Un nouveau commencement marquée par l’attente d’un Enfant. 

Quatre semaines pour discerner la présence de Celui qui vient. C’est le temps d’une attente active d’un enfant pas comme les autres. Et pourtant c’est avec toutes les mamans de la terre, que nous  l’attendons dans la joie car il vient pour nous tous. 

Mais dans une attente il y a toujours un peu d’appréhension. Comment cela va être, est-ce qu’il sera comme je l’imagine, est-ce que je serai, nous serons à la hauteur pour l’accueillir. C’est vrai pour l’accueil de tout enfant, c’est vrai pour l’accueil de Jésus dans nos vie. 

Le thème de l’année qui commence est celui de la joie d’être croyant et d’en rayonner. Le powerpoint va nous guider pour nous aider à suivre la messe ainsi marquée. 

Dans la période de l’Avent déjà, c’est une joie chrétienne que nous exprimons. La joie surgit comme conséquence de l’accueil de l’amour de Dieu, y compris dans le pardon. Car celui que nous attendons et accueillons c’est Dieu qui sauve. 

Homélie

Le thème de l’année qui commence est celui de la joie d’être croyant et d’en rayonner. Et pour parvenir à cette joie, il est temps de sortir de notre sommeil. Et pour cause, nous sommes comme au temps de Noé.

Comme au temps de Noé. 

A l’époque ( et de tous les temps) on faisait la fête, on s’amusait, on vaquait à ses activités, chacun préoccupé de lui-même. La vie semblait belle, insouciante, et pour maintenir un tel état d’existence, il fallait se concentrer sur ses propres affaires. Quitte à s’organiser avec ses semblables pour faire perdurer un tel état de vie, un tel état d’existence. Une douce somnolence. Une acédie.

Et pourtant Dieu a fait irruption. Il a demandé à Noé de vivre un nouveau commencement. L’arche de Noé : tout un symbole d’une vie renouvelée grâce à une intervention supra humaine. Mais les nouveaux commencements se font toujours dans un contexte de contraste saisissant. Le déluge en est un symbole.

Comme au temps de Noé, aujourd’hui aussi, ce contraste est présent. Il était saisissant de constater le contraste entre ce qui se passait à HK ces derniers mois. D’un côté des manifestations de plus en plus désespérées, marquées de violences. Et pendant ce temps-là, de l’autre côté à quelques centaines de mètres plus haut dans le quartier de Soho par exemple les gens s’amusaient, canette de bière à la main. On riait, on chantait, on parlait très fort, au rythme de la musique qui donnait le la au vacarme assourdissant qui couvrait tout, y compris les bruits provenant des manifestations. Seulement les sons des sirènes de voitures de secours transportant des blessés vers les hôpitaux parvenaient à transpercer ce mur de son pour rappeler la réalité. Réalité dure, cruelle parfois, injuste, sur laquelle plane l’ombre du désespoir. Mais quand on s’amuse même les sirènes d’alarme parfois ne sont pas capables de sortir d’une telle torpeur.

Il faut une inondation qui nous submerge,  sous l’effet de laquelle nous perdons le souffle. Inondation à laquelle on ne peut pas échapper, mais la survie la plus primaire en est en jeu.

Comme au temps de Noël, nous sommes invités à vivre nos commencements pour être dans cette humanité renouvelée par la présence de Dieu et de sa grâce. Pour nous les chrétiens, le commencement qui signifie notre nouvelle vie, c’est notre baptême. Les eaux du baptême nous ont submergées pour nous libérer des entraves du mal, des chaînes du péché. Nou avons à nous laisser envelopper d’un habit d’enfants de Dieu. Habit blanc qui rayonne de la joie d’avoir trouvé la source d’un tel bonheur.

Et depuis Noé qui préfigure,  qui annonce le baptême, nous sommes dans la joie. L’arc en ciel, le signe que Dieu donne à Noé est là pour sceller une telle joie.

Nous sommes tous marqués par nos commencements. Commencement pour sceller l’amour, fonder une famille, comme pour vous les fiancés. Commencement de vie professionnelle pour mener une existence autonome, pour  s’assumer en tant qu’adulte. Mais aussi  premier voyage marquant, première expatriation, et parfois la dernière, comme dans le cas de Nicole qui, il y a 55 ans a échoué à Hong Kong sans l’avoir jamais pu le  quitter.

Premier engagement bénévole formalisé ou pas, pour aider les autres, sans se prendre pour le sauveur du monde. Car seul Dieu peut être le sauveur du monde, nous sommes là pour accomplir son œuvre à lui.

En ce début de cette nouvelle année liturgique, marquée par le lancement de l’année de la joie, laissons nous envelopper par l’habit de la joie d’être dans tous nos commencements. Parce qu’étant en présence de Dieu qui comme à l’époque de Noé nous sauve et cela met notre cœur en joie. Il suffit d’être attentif à sa présence, y prêter l’oreille et vouloir grandir en sa présence. Il suffit d’accepter sa présence bienveillante.  Pour toutes les joies  humaines et surtout spirituelles qui donnent du sens aux premières déjà ressenties et pour celles à venir rendons grâce à Dieu. Amen.

Nicole; témoignage