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Homélie du 16 septembre 2017 – 24ème dimanche ordinaire

PARDONNE A TON FRERE

Il y a deux semaines je vous ai parlé de la Croix, de ces deux lignes qui se croisent, et de ce point de d’intersection de ces deux lignes qui symbolisent la rencontre de la Loi de Dieu dans nos vies. Et évidemment à cet endroit d’intersection il y a bagarre entre ce que par nature humaine nous voulons et ce que Dieu veut pour nous. Sa loi contredit notre propre loi (Jonas).

Les lectures d’aujourd’hui nous invitent à faire le zoom sur un des aspects de cette contradiction. Zoom sur cette gêne que la loi de Dieu produit dans notre vie. C’est la question de la loi de Dieu sur le pardon ; pardonne à ton prochain !

Que mon prochain m’a offensé, qu’il m’a fait mal, c’est évident. Exemple de deux soeurs qui se regardent très méchamment sur la photo de vacances. Et que dire de toutes ses situations difficiles à la rentrée avec le travail, le logement, projets familiaux contrariés etc., si souvent source d’offense.

Alors qu’est-ce que j’en fais de cette offense ? En garderais-je rancune et colère ? Même si la colère va finir par s’estomper, la rancune restera toujours la même. Mal pour mal, la nature humaine nous suggère cela. La nature humaine nous suggère d’être dans un rapport de violence réciproque. C’est la vie, et c’est la seule issue possible, croit-on. Ni cela, ni une soumission aux forces du mal que les autres peuvent ou veulent exercer sur nous, non plus !

Dans l’AT nous découvrons la lente, longue et patiente tentative de Dieu pour extirper la vengeance du cœur de l’homme. Deux exemples tirés des premiers chapitres du livre de la Genèse. Ils éclairent en même temps l’Evangile, où il est question du chiffre 7 pour signifier le pardon. Pierre demande à Jésus combien de fois dois-je pardonner à mon frère : 7 fois 7 fois ? Et Jésus de répondre : 77 fois 7 fois. Associés au pardon, ces chiffres viennent de l’AT.

D’abord le chiffre Sept est associé à l’histoire de Caïn, meurtrier de son frère Abel qui craint la vengeance humaine. Et c’est Yahvé lui-même qui va le protéger : celui qui voudra se venger sur Caïn c’est moi qui le vengerai, dit-il. Après tout, il vaut mieux que ce soit Dieu, car chez lui il n’y a pas d’escalade de vengeance, juste une manière de dire la protection du faible. Puis, Lamek, un descendant éloigné de Caïn, se vante devant sa femme de sa capacité à se venger jusqu’à 77 fois 7 fois, donc à l’infini.

La lente et patiente tentative de Dieu pour extirper la vengeance de notre cœur culmine dans la vie de Jésus tout offerte sur la Croix pour de tels péchés. Sur la Croix, Dieu arrête la spirale de violence qui appelle à la vengeance. Dieu donne une telle loi, signé de son propre sang, celui de son Fils. Pense au commandement, pense à l’Alliance du très-Haut (I lecture) sois indulgent avec celui qui ignore (la loi de Dieu).

Comment j’accueille cette attitude de Dieu à mon égard ? Est-ce que mon cœur est suffisamment tendre pour accueillir avec amour une telle loi qui contredit mes pulsions biens naturelles, mais ô combien dangereuses pour moi et mon entourage ? Ou au contraire, est-ce que mon cœur est dur, sec, comme une terre assoiffée d’eau, mais incapable de l’accueillir ? Est-ce je suis dans l’indulgence de Dieu, car Dieu n’est pas toujours en procès (Psaume). Est-ce que je suis capable de passer par-dessus la vengeance ? Est-ce que je suis capable d’un par-don, d’un don qui renoue avec la Vie, par-delà ce qui l’empêche ? Est-ce que suis plus attaché au mal que l’on m’a fait qu’au pardon que Dieu me demande comme condition pour recevoir le sien et donc la vie éternelle ?

Oui, il est important de savoir pardonner du fond du cœur. Mais, il est important en suite de renouer avec la confiance à laquelle ouvre le pardon. AMEN

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