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Homélie du 16 septembre 2018

Les lectures d’aujourd’hui nous ‘promènent’ entre l’ouverture à la Parole de Dieu et la contemplation de la Croix. L’ouverture à la Parole de Dieu se fait par l’ouverture de l’oreille qui écoute et l’accueille (Cf. première lecture). La contemplation de la Croix se fait au travers de la méditation sur les choix crucifiant. La deuxième lecture nous en dit le contour. Ces choix crucifiant sont à faire lorsque nous essayons de traduire notre foi par des actes. La fête d’hier, la fête de la Croix Glorieuse rappelle que, dans ces choix qui s’accompagnent de combats intérieurs parfois très intenses, la victoire est certaine.

1° S’ouvrir à la Parole de Dieu. Cela suppose quelques dispositions intérieures et quelques bonnes conditions extérieures.

Dispositions intérieures : – est-ce que je crois que dans la Parole de Dieu que j’entends à la messe, il y a quelque chose d’important pour ma vie ? – Est-ce je l’accueille comme un touriste distrait loin de ce que le guide local raconte ? – Est-ce je l’accueille en scientifique qui étudie un phénomène religieux qui cherche la logique suivant sa grille de lecture dite raisonnable ? – est-ce que je l’accueille comme l’ouverture à plus de vie et surtout à une autre vie en moi, celle de Dieu et de sa personne pour moi ?

Dispositions extérieures : – prendre du temps, comme maintenant venant à la messe pour écouter la Parole de Dieu. – S’équiper en Bible et ou en bonne application sur le téléphone portable, – Avoir l’habitude de méditer les passages de la Bible à la maison, en voyage ; dans beaucoup d’hôtels il y a un exemplaire de la Bible en plusieurs langues. – participer à un groupe de partage spécifique, à l’occasion de la préparation de la messe dans les cadres d’une équipe liturgique. – Etudier autrement ; il y a des programmes de formation par internet dispensés par les facultés de théologie comme l’Institut Catholique de Paris ou les Bernardins etc.

C’est en étant ainsi nourri que l’on peut alors faire des choix. La Parole de Dieu comme nourriture permet de travailler l’attitude de l’abandon. Cette confiante relation avec Dieu, où la dépendance à son égard n’a rien de ce servile esclavage qui oppresse, mais est une relation d’amour qui fait grandir. Les choix sont toujours crucifiant, car à faire entre deux, voire plusieurs possibilités. Jésus en posant la question sur son identité : pour vous qui suis-je ?, oblige ses apôtres, et nous aujourd’hui, à nous positionner, à nous déclarer. Aujourd’hui cela nous parait peut-être un peu virtuel, mais un jour… !

choix à approfondir la foi. Dans les préparations au mariage, la nouvelle génération des fiancés étant très expressive et souvent cash, récemment, j’ai entendu certains dire ‘ma foi est tiède’. Et c’est déjà un bon début de pouvoir se situer de la sorte, en vérité. Mais ils savent qu’ils ne peuvent pas en rester là. Ils savent qu’ils ont des choix à faire. Ils sentent à quel point c’est crucifiant : rien que pour venir à la messe et prier avec les autres.

choix à partager, ou pas. En lisant le livre de Pascal Ide sur les personnalités narcissiques, j’ai découvert que l’auteur accorde beaucoup de place à la question de la bonne générosité. Dans la générosité, le cœur humain est sensible à la détresse. Un tel coeur est ouvert au partage du temps, de l’attention. Et quand c’est nécessaire, il est ouvert pour donner à manger et à vêtir, répondre aux besoins vitaux (cf. l’épître de st Jacques). C’est bien connu, la foi nous y pousse. C’est par une foi en actes que nous nous sentons grandir. Voire nous nous sentons transformés. Et cette transformation se voit dans le cas de la générosité. De toute humaine peu à peu, celle-ci sous l’effet de la parole de Dieu et la foi qui grandit, se transforme en bonté divine (et c’est bien différent ! cf. la conférence de Carême de 2018 par RK à HK)

choix multiples et choix exclusifs. Même si je peux faire deux ou trois métiers à la fois, même si je peux étudier dans des domaines bien différents, car plus tard cela pourrait me servir, même si je peux faire beaucoup de sport dans les domaines bien différents : chaque fois attention au surmenage. Je ne peux pourtant pas imaginer cela dans le domaine de la vie affective. En changeant de partenaire, comme on peut changer de métier, ou encore on devenant bigame, voire polygame. Or, cela peut arriver si l’on se laisse influencer dans les choix fondamentaux par d’autres sources que l’Evangile et la Parole de Dieu en général.

choix de carrière. Par exemple : je suis poussé par l’ambition et ou par la hiérarchie à prendre des nouvelles responsabilités au sein de l’entreprise. Mais je sais pertinemment que cela se ferait au détriment de ma vie familiale. Je sais que je serais amené à faire des choix non conformes à la morale chrétienne.

-choix de parole juste. Je pense à toutes ces blagues racistes et autres qui s’inscrivent dans l’esprit malin de la critique à l’emporte-pièce, et qui se propagent sur de réseaux sociaux ou dans les débats de salons et qui sont en contradiction évidente avec l’Evangile.

Deux conclusions pour résumer :

1° Quand on n’est pas nourri par la Parole de Dieu, on est nourrit par d’autres paroles.

2° Si je prends la foi chrétienne au sérieux, je suis amené à faire des choix crucifiant. Mais Dieu ne m’abandonnera jamais, il me guidera en faisant approfondir en moi la conscience chrétienne juste, droite.

Et moi, « je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants » (Ps 114). Amen.

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