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Homélie du 23 novembre 2019 – Christ-Roi

De quel roi suis-je le sujet? 

C’est un peu difficile de parler de la royauté du Christ en sachant le désamour des français pour la monarchie comme le montre leur histoire? Certes, ce n’est pas la même royauté dont il est question. Mais tout de même, c’est le même champ lexique. Sous le même vocable se cache la réalité de suprématie. De qui sommes-nous les sujets? De quelle autorité dépendons-nous? Qui nous gouverne et comment y sommes nous soumis?

Nous avons tous une autorité qui est au-dessus de nous. Nous l’avons choisie plus ou moins volontairement. Ou alors elle nous a été imposée et nous avons fini par accepter… Il y a des autorités qui nous font du bien. Il y en a qui nous font du mal, nous font très mal. Mais, il y en a aussi qui nous font du mal à première vue, et qui en fait  nous font du bien. C’est toute la tâche éducative des parents qui se cache derrière ce type de situations. 

Qui n’a jamais râlé contre ses parents, certains se posant même la question: les vieux, cela sert à quoi?  Est-ce que c’est si sûr que ceux qui nous veulent du bien doivent au passage faire du mal? Non, pas si sûr que cela. Car on pourrait imaginer que la volonté (bonne) des uns soit parfaitement accordée à la volonté (bonne) des autres.  Que les enfants acceptent sans rechigner l’autorité des parents. Que les parents sachent parfaitement deviner ce qui est vraiment bon pour leur enfant. 

Si nous fêtons le Christ Roi c’est pour des raisons d’abord spirituelles. Nous reconnaissons que LUI seul peut exercer sur nous son autorité de façon totale et juste. Lui seul voit ce dont nous avons besoin et comment nous pouvons grandir en sa présence pour notre bien. Notre bien sur terre déjà et notre bien pour la vie éternelle finalement. 

Sur terre nous sommes tiraillés entre les différentes solutions, souvent de facilités,  notre coeur étant partagé entre les différentes autorités. Le pire, c’est que nous pouvons tomber sous le joug d’une dépendance plus ou moins grave qui exercera son autorité de façon impartiale sur nous, comme un roi. Sur terre aussi, il y a cette résonance socio-politique liée à l’institution de la fête au lendemain de la première guerre mondiale. Il s’agissait de donner un roi à cette Europe-là en proi aux divisions meurtrières. 

Notre roi est celui des cieux, celui qui a pour trône la croix et la couronne faite d’épines. Ce n’est pas bien vendable. Mais nous sommes pas dans la logique du marketing. Nous sommes dans la logique de l’amour qui se dévoile au coeur de notre foi. Suis-je vraiment convaincu, que ce soit une bonne chose que le Christ seul dirige ma vie? Ou bien est-ce que je préfère être plutôt divisé, même si cela me gène? Comment est-ce que je gère cela? Une méditation silencieuse s’impose. AME