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Homélie du 24 décembre

Joie de l’accueil de l’enfant qui vient.

Pour chacun d’entre nous, cet Enfant représente quelque chose de similaire et de différent à la fois. Similaire, car dans cet enfant nous voyons tous les enfants, y compris nous-même. Nous sommes tous dans la crèche. Alors nous exprimons notre foi et notre amour pour Jésus, tel que nous le voyons, chacun à notre façon, différemment. La foi est ressentie un peu, bp, à la folie, l’essentiel c’est que nous sommes-là.

Nous sommes là par amour pour nos enfants. Nous sommes là par désir de les accompagner dans leur croissance. Nous sommes là par la foi en la vie divine en nous. Vous êtes-là par la confiance en la vie que vous exprimez à l’égard de vos enfants à qui vous permettez d’exister et partager votre vie.

Noël c’est la joie de l’accueil de l’enfant qui vient. Vos enfants, vous les avez accueillis. Aujourd’hui c’est la joie de l’accueil d’un autre enfant que vous pouvez partager avec eux. Certains ont la joie de vivre cette joie avec les grands parents venus spécialement pour être ensemble. Certains, séparés, y pensent fortement. Alors que beaucoup d’autres sont partis en France où ailleurs pour vivre la joie similaire là-bas.

Cette joie, nous la partageons ce soir ensemble, en communauté. Certains d’entre vous ont choisi de partir en vacances juste après, de façon à pouvoir vivre Noël en communauté. Quelle joie de vous voir tous  ici pour partager ensemble la joie de la fête.

Si je parle de la joie de façon si insistante, ce n’est pas seulement parce que c’est la fête de Noël. Cette insistance particulière vient du fait que dans la CCFHK nous avons choisi la joie pour thème de l’année. La joie d’être croyant, ou plutôt celui qui est à sa recherche, ne se contentant pas du rythme de vie imprimé par l’alternance de trois choses de sa vie quotidienne : métro, boulot, dodo.

La joie du croyant ou de celui qui cherche à accueillir la foi et qui, tous  préfèrent un autre modèle de vie. Celui de trois fois huit heures de la vie quotidienne, répartis, comme chez les moines: prière, travail, repos. Les moines vivent cela en accordant huit heures à la prière et étude, huit heures au travail pour la plupart physique, et huit heures au repos et sommeil. Suivant nos obligations familiales et professionnelles, la durée de chacune de ces trois parties est  très variable. Parfois quelques minutes consacrées à la prière, ce stricte minimum nécessaire, est suffisant. Car, par l’Esprit, nous sommes déjà connectés à la prière de toute l’Eglise qui nous porte de la sorte dans notre vie. 

La joie d’être croyant ou de celui qui cherche à l’être, c’est la joie dans l’Esprit de Dieu. Le croyant  cherche cette joie. Et il la découvre et essaie de la garder comme Marie, mère de Jésus, comme Joseph, le père adoptif. Leur joie était entremêlée des soucis de la vie quotidienne, parfois au point de ne pas la ressentir.  Déjà le souci de trouver un endroit pour accoucher dans les conditions décentes présageaient les autres difficultés auxquelles ils allaient faire face.

Une mangeoire, ce ne peut être pas ce qu’ils auraient souhaité comme chambre où déposer le bébé dont Marie venait d’accoucher dans une étable. Mais au moins, il y avait l’âne et le boeuf pour réchauffer le nouveau-né. Et surtout il y avait des bergers curieux de savoir ce qui s’y passait. Et une fois arrivés, ils étaient remplis d’une immense joie. Sans oublier le choeur d’anges qui chantaient Gloire à Dieu. (Tous chantent Gloria des anges) 

Le ciel et la terre avec tout ce que ces deux contiennent de vivant et bienveillant étaient dans la joie, sont dans la joie. Tous penchés sur cet Enfant, dont on devine le destin particulier, mais dont personne ne peut savoir les détails.

Car la joie de vivre et d’être croyant est parfois mise à l’épreuve. Noël n’est pas pour tous synonyme de joie. Au contraire, Noël peut être synonyme de tristesse, d’une douleur ravivée…. Et Noël à Hk cette année est encore  sous le signe de graves tensions sociales naguère ou qui vont se poursuivre?! 

Noël c’est la fête de l’Enfant qui vient.  Lui, le prince de la paix qui par sa science divine configure notre conscience. Lui, qui est le seul à savoir comment  justice et paix fonctionnent ensemble. Ils fonctionnent ensemble uniquement grâce à l’infini Amour divin dont Dieu veut nous irradier. Comment nous irradie-t-il? En nous permettant de voir ce que les autres ne voient pas. Le chrétien est quelqu’un qui voit dans les angles mort des autres et dans les leurs. 

L’invisible de Dieu est caché dans l’enfant Jésus. Cet invisible de Dieu est seulement visible par les yeux de la foi. Et il est là pour nous rappeler le devoir de voir l’invisible de la société. Rien qu’à Hk si nombreux sont ceux qui vivent dans la pauvreté. Ni les aides dont ils sont bénéficiaires pour ne pas leur permettre de mourir sans pour autant pouvoir leur permettre de vivre décemment, ni la dignité avec laquelle ils acceptent cette situation ne changent rien au problème véritable. Comment mener une vie décente avec le minimum pour vivre?  

Dans certaines familles on décide de remplacer les cadeaux par les dons destinés aux enfants et adultes qui en ont besoin de façon vitale. Pour qu’ils puissent au moins le jour de Noël et  après surtout ressentir que finalement quelqu’un pense à eux concrètement, de façon complètement désintéressée. C’est dans ce sens qu’il sera proposée à la fin de la messe une deuxième quête en faveur des réfugiés au Liban. Le pape François ne cesse d’insister sur l’accueil des réfugiés. Il le fait dans le cadre l’écologie humaine et environnementale. L’âne et le boeuf, et notre présence mélangée à celle des anges devant la crèche en sont la réponse. 

Notre joie chrétienne est divine et humaine. Elle n’est pas empreinte d’une malsaine culpabilité d’être dans la joie, alors que les autres n’y sont pas. Elle n’est pas non plus empreinte d’une joie insouciante, complètement déconnectée de ce que les autres peuvent vivre. Notre joie peut être contagieuse avec ceux qui sont déjà dans la joie latente. Mais nous pouvons aussi apporter de la joie à ceux qui n’en ont pas. Car la joie humaine est déjà rayonnante de la sorte. Alors que la joie divine l’est encore davantage, car Elle est rayonnante, justement parce que nous sommes ouverts à ce qui se passe autour de nous, à cause de cet enfant qui vient. Avec les anges chantons : Gloria