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Homélie du 27 octobre 2018

Dans l’évangile d’aujourd’hui nous entendons que Jésus guérit un aveugle. L’aveugle désire l’être. Mais l’entourage de Jésus n’est pas de cet avis. Pourtant Jésus, voyant l’insistance de l’homme, demande à ses disciples de le faire venir. Ils obtempèrent. Jésus a vu, l’aveugle veut voir et les disciples cheminent à leur façon. Jésus, comme toujours, est dans une attitude pédagogique à l’égard de ses disciples.

L’événement se passe sur la route entre Jéricho et Jérusalem. Deux villes symboles, la Bible ne se prive pas de les charger, chacune d’une signification bien particulière.

Jéricho, c’est la ville située dans une dépression géographique du pourtour de la mer morte. C’est la ville située le plus bas, plus de 300 m en dessous du niveau de la mer. La ville est très ancienne, on se souvient des trompettes de Jéricho lors de la prise de la ville par Josué et les hébreux qui sont entrés en terre promise par cette ville là justement (livre de Josué, chap. 6). Cette ville symbolise la vie sur terre, la vie qui st toujours présente et sans cesse à reprendre par les forces spirituelles.

Or Jérusalem est située à plus de 700 m au-dessus du niveau de la mer. C’est la capitale du peuple d’Israël, peuple de la promesse donnée à Abraham (quitte ton pays et vas), et se réalisant après Moïse. C’est la cité de David, roi dont la lignée donnera le descendant par adoption qu’est Jésus, fils adoptif de Joseph. C’est la ville symbole de la cité céleste, cité qui concentre toutes les promesses jusqu’à celle de la vie éternelle. Les pèlerins y affluent depuis des siècles et arrivent tout joyeux, surtout lorsqu’ils rentrent de l’exil toujours si éprouvant.

Les deux villes sont proches l’une de l’autre de 25km et mille mètres de dénivelé. C’est bon pour les marcheurs dans les montagnes. C’est une vraie ascension qui demande un effort particulier. Pour le faire il faut vraiment le vouloir. C’est une ascension spirituelle qui est à envisagée, bien que les forces physiques sont aussi nécessaires.

Qu’est-ce que l’aveugle demande ? Il demande à voir. Voir quoi ? Bah, la vie ! Mais pourquoi faire ? L’évangile nous dit que l’aveugle une fois guéri, « suivait Jésus sur le chemin ». Le chemin que Jésus prend c’est le chemin entre Jéricho et Jérusalem. L’aveugle voulait être guéri pour faire la montée avec Jésus jusqu’à Jérusalem. Dans la guérison précédente dans le même évangile Jésus ne veut pas que l’homme guéri le suive (ch8 ,26) C’est donc une volonté de l’auteur de l’évangile de mettre en contraste ces deux situations. Ici il s’agit de souligner que tout disciple (aveugle guéri) aura à suivre Jésus jusqu’au bout de sa vie. Pour Jésus le bout de sa vie sur terre, son terme se trouvera à Jérusalem. Mais c’est un terme qui ouvre une nouvelle page d’histoire humaine. C’est Jésus ressuscité qui nous y invite. Lui qui est déjà passé par tout cela.

Bartimée, c’est chacun de nous. Nous sommes au bord du chemin de la grande ville qui nous attire, mais qui ne nous satisfait pas. En tout cas pas totalement. Nous avons envie d’être vrai, pur de pensée et de sentiment, dans les actes de la vie quotidienne, dans les grandes ou petites décisions prise pour l’orienter. Nous avons envie de voir ailleurs, de voir vraiment, de voir le ciel. Un désir spirituel sourd en nous et nous pousser à devenir une meilleure version de nous-mêmes. Désirer à être de saints. Ce ciel est symbolisé par la cité céleste, Jérusalem d’en haut.

Pour y aller, il faut monter. Et nous y montons d’autant plus facilement que nous avons les yeux ouverts sur les merveilles de Dieu dans nos vies et autour de nous. Nous savons comme Jésus le savait, qu’une telle montée n’est pas un hiking de tout repos et que bien des difficultés seront à affronter. Mais le soleil de la cité céleste nous accueillera sans aucun doute et nous le verrons dans toute sa splendeur. C’est ainsi que nous avons à devenir à notre tour des disciples qui inviteront les autres aveugles et boiteux, dans tous les sens du terme, à voir Jésus. Car nous n’avons pas le droit de laisser quelqu’un au bord de la route. Déjà nous avons le devoir de remarquer leur présence et faire quelque chose tout en alertant les autres. L’Evangile nous enseigne que nous n’avons pas le droit de laisser sur les bas-côtés quelqu’un qui ne peut pas marcher comme nous pour voir la lumière.

Les disciples ne voulaient pas de pub pour Jésus dont le sort malheureusement se précisait de plus en plus. L’ascension de la Jérusalem céleste s’accompagne d’un témoignage (en grec du martyr) parfois de notre vivant jusqu’au sang, mais sûrement lors de notre dernier souffle. La fête de la Toussaint se profile déjà et celle de la commémoration de nos fidèles défunts aussi. AMEN.

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