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Homélie du 29 avril 2018 – retraite de preparation au mariage

Les lectures d’aujourd’hui et les circonstances de la retraite m’amènent à développer les trois points suivants

1. Diversité culturelle.Paul est introduit dans la communauté de Jérusalem par Barnabé. Tous les deux se sont probablement déjà connus lorsqu’ils fréquentaient la fameuse école talmudique  de Gamael. Les deux juifs sont de culture grecque, Paul de Tarse, Barnabé de Chypre. Leur culture ambiante, celle du monde grecque se laissait habiter et transformer par la culture religieuse juive. Tous les deux, chacun à sa façon,  sous la motion de l’Esprit Saint, ouvrent un nouveau chapitre du développement missionnaire des communautés chrétiennes. 
La diversité est à la base de toute vie. Homme et femme, Dieu les créa. Nous naissons d’une telle diversité. Tout couple est  déjà le résultat de  démultiplication d’une telle diversité.  Mais elle peut être aussi bien plus large en transcendant les frontières qui distinguent les peuples. Et ce à quoi il faut ajouter la diversité religieuse. 

Voici pour le décor ainsi planté afin de développer les deux points suivants à caractère proprement parler spirituel. 

2. Profondeur spirituelle.Dans l’Evangile Jésus attire l’attention sur le lien intime entre lui et le croyant qui veut être son disciple. “Je suis la vigne, vous êtes les sarments”. Et pour insister, il ajoute: “en dehors de moi vous ne pouvez rien faire”. Nous voilà prévenus. Comment cela se traduit –t-il dans votre situation ? Vous vous apprêtez à sceller votre amour par le sacrement de mariage. Et pour cela vous prenez Dieu pour témoin. Cette motivation vient d’au moins l’un de vous deux. Le désir du sacrement du mariage vous fait entrer dans l’invitation à l’approfondissement de votre vie spirituelle. Et tout le long de cette préparation vous  semblez répondre positivement en réactivant en vous  l’envie d’être en chemin vers une telle nouvelle posture chrétienne. La partie de retraite d’hier consacrée au pardon et son point culminant  que fut la veillée avec confessions et ou entretiens individuels l’a très nettement démontré.

Si vous voulez vivre des effets du sacrement du mariage comme l’Eglise catholique l’entend, vous avez à approfondir votre vie spirituelle. Cet approfondissement est nécessaire pour plusieurs raisons.

Pour ce qui est de vous catholiques ayant été éduqués chrétiennement, pour la plupart du temps à la sortie de l’adolescence, vous vous êtes laissé emporter par la culture ambiante marquée par des attitudes purement païennes. Sans reprise de la vie spirituelle votre sacrement de mariage ne survivra pas.

Pour ce qui est de ceux qui sont formellement catholiques car baptisés sans aucune suite chrétienne, ce n’est plus le temps de reprocher cela à vos parents. Ils vous ont ouverts à la vie éternelle par la grâce du baptême, c’est à vous en adultes responsables de reprendre le flambeau de la foi pour votre propre compte. Sans un tel réveil votre sacrement de mariage ne survivra pas. 

Pour ce qui est de ceux qui acceptent le mariage à l’Eglise alors que vous n’êtes pas catholiques ou pas chrétiens ou pas croyants au sens d’une référence à une transcendance spirituelle -le spectre est si large que cela pose la question de la pertinence de les mettre dans la même catégorie, mais je le fais par souci de concision- la même attention doit être portée à l’éveil spirituel de la partie catholique, sans oublier l’acceptation du rayonnement chrétien sur vous-mêmes et vos enfants. Le respect de la diversité culturelle dans tous les sens du terme, y compris  dans le sens d’approche existentielle et spirituelle ne saurait masquer les évidences qui découlent de l’engagement pris au travers le sacrement de mariage. 

3. Inscription communautaire.

Si vous voulez que le sacrement de mariage agisse en vous dans sa dimension spirituelle -l’amour du Christ pour son Église comme référence pour votre vie de mariés – vous ne pouvez plus ignorer la dimension communautaire. C’est ainsi que se traduira aussi votre foi, celle dont parle st Jean dans la 2° lecture. Croire en acte et en vérité c’est participer à la vie chrétienne de la communauté. En le faisant on réactive la foi et l’espérance, tout en donnant le vrai sens à la charité.


En remettant au centre toute notre vie quotidienne marquée par la foi, l’espérance et la charité nous prenons activement soin de nous-mêmes, et vous, de votre couple et de vos enfants.

Évidemment vous êtes libre de négliger tout cela, vous êtes libre de dire non à la grâce du sacrement du mariage, vous êtes libre de ne pas activer l’alarme du cri au secours quand le danger se présentera. Vous êtes libre de vous arrêter à une étape de votre évolution mentale et ou spirituelle,  et ne pas nourrir  votre vie de la diversité féconde de plus de vie en descendant de plus en plus dans les profondeurs de votre être c’est à dire jusqu’à permettre à votre âme d’être heureuse d’exister et de pouvoir chanter les louanges de Dieu.
Mais vous ne trouverez pas dans l’Eglise une caution pour endormir votre conscience, pas plus que de vous soumettre de façon raide et apodictique. Et si vous avez l’impression de l’un ou de l’autre, fuyez l’image, même si dernière il y a un peu voire parfois beaucoup de réalité, de vrai.

Le propre de la religion chrétienne, tout comme du judaïsme et dans une certaine mesure de l’islam, est d’être communautaire. Communautaire, car l’identité y est bien identifiée, mais pas communautariste,  car en se gardant de se laisser happer par des velléités identitaires. Le repli sur soi n’est pas chrétien (le signe de la croix le signifie), et ceci d’aucune façon.
Voilà, vous êtes prévenus en tant que personne et  en tant que couple et famille, en tant que membres de la famille chrétienne dans son expression catholique. Vous ne serez pas seul sur le chemin d’une telle ré-inscription dans la vie communautaire. A vous de prendre des décisions qu’il convient.

Longue vie à votre sacrement et donc à votre bonheur plénier car en Dieu.  Amen

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